Bien choisir sa typographie, pour un visuel impactant et design

La typographie est née de différentes formes d’écritures anciennes.
Nous l’adaptons selon les besoins et les visuels comme pour un logotype ou un support print.
Elle est sans cesse en évolution et s’adapte aux tendances de notre époque et selon nos besoins.
Apprendre à bien utiliser et différencier une typographie permet de viser juste dans nos objectifs.

Les grandes familles de caractères et leurs sens

Avant de parler typographie, il faut savoir les différencier et les comprendre pour pouvoir les utiliser à bon escient.
Pour comprendre les principes, je vous propose d’observer ce schéma pour comprendre les termes techniques que nous allons citer.

A quoi cela correspond ?

Toutes les familles typographiques sont répertoriées en deux classifications :

La Thibaudeau de 1921, repose principalement sur le dessin de l’empattement des lettres avec quatre grandes catégories :

La Vox atypi créée par Maximilien Vox en 1953, s’inspire de la Thibaudeau en la complétant par huit sous groupes.

Famille de caractères Elzevirs

Les Humans


Les Humans sont les tous premiers caractères gravés au XVe siècle à Venise. Ces caractères s’inspirent des écritures manuscrites de l’époque. Ils se caractérisent par un aspect lourd et peu de contraste entre les pleins et les déliés. On retrouve bien l’influence de la calligraphie avec un axe des lettres plutôt incliné et des empattements épais.

Les Humans expriment la tradition, la sagesse et le savoir.
Mais ils sont souvent associés à une image rustique.

Les Garaldes

Cette famille typographique fait partie de la grande famille des Elzevirs, dû à leurs empattements triangulaires.
Elles doivent leur nom à un graveur français Claude Garamont et un éditeur Alde Manuce.
Leurs formes rappellent l’univers de la littérature et le domaine de l’art du XVIe siècle.
On les différencie par leur finesse d’empattement. On peut voir que l’axe des lettres comme le « e » est à l’horizontal. La seule dernière trace de calligraphie se trouve dans l’axe des pleins et déliés orienté vers la gauche.

Les Garaldes expriment l’élégance, la tradition et le raffinement.

Les Réales

Les Réales sont une famille typographique typique de la période du classicisme.
Elle incarne l’esprit rationaliste et réaliste de l’époque encyclopédique. Les lettres ont été dessinées à la règle et au compas. Il n’y a plus aucune trace de calligraphie dans leurs tracés. Les pleins et déliés sont bien contrastés et l’axe des lettres est verticale. Ce sont des caractères solides, lisibles. Souvent utilisés dans le domaine de l’édition et la presse.

Les Réales expriment la connaissance, le sérieux, la fiabilité et la littérature.

Famille des caractères Didots

Les Didones

Cette famille tient son nom par l’éditeur François Ambroise Didot et l’imprimeur Giambattis la Bodoni.
La famille des Didones comprend les caractères de la fin du XVIIIe siècle et du XIXe siècle. Cette typographie se caractérise par des contrastes forts entre les pleins très gras et les déliés avec empattements filiformes.
Elle est utilisée pour ses côtés contrastés et son aspect sérieux quand elle est en capitale.

Les didones expriment la rigidité, féminité, le luxe, la mode, le sérieux et le classique.

Famille des caractères Égyptiennes

Les Mécanes

 

Le nom «  mécane  » évoque l’aspect très mécanique de ces polices, elles datent de la révolution industrielle.
A l’époque elles sont souvent utilisées dans la publicité.
Les caractères des Mécanes sont épais, c’est un peu une didot plus épaisse. Les contrastes entre pleins et déliés disparaissent, ce qui permet d’être très lisible et visible.

Les mécanes expriment l’industrie, la technique, populaire, solide, masculin.

Famille des caractères Antiques

Les linéales

Dit caractère bâton, les linéales rassemblent l’ensemble des caractères sans empattement (ou sans serif).

Elles expriment l’équilibre, le moderne, la neutralité et la lisibilité.

Les linéales se divisent en 4 familles :

  • Les linéales grotesques sont les premières à être apparues au début du XIXe siècle. Elles ont généralement un léger contraste entre le plein et le délié et des courbes plutôt angulaires.
  • Les linéales néogrotesques sont des polices inspirées des grotesques mais ont habituellement moins de contraste entre le plein et le délié et ont des courbes plus régulières. Leur G n’a habituellement pas d’éperon et les attaques et terminaisons ont les coupes des traits généralement obliques.
  • Les linéales géométriques sont des polices construites à partir de cercles, de rectangles et de formes géométriques simples. Elles ont les contrastes entre plein et délié inexistant.
  • Les linéales humanistes (ou humanes) sont habituellement basées sur les proportions des capitales romaines et des minuscules humanes ou garaldes. Elles disposent d’un contraste net entre plein et délié.

Famille des caractères Inclassables

Les incises

 

Cette famille de typographie est un peu spécial, sa forme inspire l’effet de la gravure sur pierre à l’époque le la Rome antique. Elle disposent d’empattements large et triangulaire, avec une largueur uniforme.

Les incises expriment un certain sérieux avec élégance, et une touche de féminité.

Les manuaires

Cette famille regroupe tous les caractères qui évoque ou s’inspire de l’écriture à la main.

Les scriptes

Regroupent des caractères qui imitent  l’écriture comme les scripts mais dans un style plus marqué, comme l’écriture à la plume. On ne les utilisera pas pour leurs lisibilités mais plutôt pour leur côté esthétique.

 

 

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3 Comments
  1. Pingback: Tendances & typographie - Keole Agence Web à Montpellier

  2. Répondre

    Impressionnant ! C’est la première fois que je vois une actualité web portant sur la typographie. Je dois avouer que c’est pour les professionnels. Moi je me contentais toujours de fouiller dans les caractères de polices sans rien savoir de tel, je ne savais même pas que tout avait un sens. Merci bien c’est très intéressant

    • Répondre

      Merci beaucoup Isabelle, la suite de l’article arrive très bientôt 🙂